Formation des jeunes à Labé et à Mamoi

La République de Guinée a une superficie de 245 857 Km². Elle est située au Sud-Ouest de l’Afrique Occidentale et est limitée à l’Ouest par l’Océan Atlantique sur plus de 300 Km, au Nord-Ouest par la Guinée Bissau, au Nord par le Sénégal et le Mali, à l’Est par la Côte d’Ivoire et au Sud par le Libéria et la Sierra Léone. La Basse Guinée ou Guinée maritime constitue le bassin alluvionnaire des rivières côtières. La pluviométrie moyenne est partout supérieure à 1800 mm, atteignant quelque fois 3000 mm à Conakry. Les températures sont constamment élevées tout au long de l’année.

Après plus de soixante années de colonisation, la Guinée a été la première colonie de l’Afrique Occidentale Française (AOF) à accéder à l’indépendance en 1958. Á partir de décembre 2010, la troisième République a été instaurée avec l’élection d’un Président de la République démocratiquement élu. Cette période est caractérisée par la reconnaissance et le renforcement de tous les acquis démocratiques des deux premières Républiques. Plusieurs réformes administratives, économiques et financières ont été entreprises dans la perspective de faire de la Guinée un pays émergeant dans un proche avenir, une volonté affirmée par les nouvelles autorités.

La situation socio-économique de la Guinée est marquée par la persistance de la pauvreté : 55,2% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. La croissance économique est estimée à 3,9 %. Le taux d’inflation est estimé à 12,8 %. Sur le plan social, les actions engagées par le Gouvernement n’ont pas encore permis d’inverser la tendance des indicateurs sociaux. Selon l’Indice de développement humain (IDH) publié par le PNUD, le pays se situe au 178ème rang sur 186 pays en 2012. Les infrastructures et les services de base sont déficients : seulement 68 % des ménages ont accès à l’eau potable et 19 % disposent de l’électricité. L’accès à des installations sanitaires améliorées, qui est un Objectif du Millénaire pour le Développement, reste limité en Guinée : globalement, 56 % des ménages (76 % en milieu rural et 14 % en milieu urbain) ne disposent que de toilettes non améliorées. L’accès aux soins de santé primaires est préoccupant et se traduit par des taux de mortalité infantile et maternelle élevés. Le chômage frappe 10 % de la population urbaine et 14 % de la population de Conakry, et les jeunes en sont les principales victimes.

Environ les deux tiers de la population sont analphabètes. Ce problème concerne beaucoup plus les femmes que les hommes et la population vivant en milieu rural que celle vivant en milieu urbain. L’enquête démographique et de santé de 2012 (EDS- 2012) indique que parmi les femmes du milieu rural, dans la région de Kindia, 68 % des femmes et 53,5% des hommes n’ont aucun niveau d’instruction contre 34 % des femmes et 18,5% des hommes sur Conakry. Si l’on se réfère au niveau économique, 85% des femmes et 73% des hommes n’ont aucun niveau d’instruction dans les familles les plus pauvres contre 32,9% des femmes et 17,9% des hommes dans les familles les plus riches. Toujours selon cette enquête nationale, 1,4% des femmes et 2% des hommes ont achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire sur la région de Kindia, contre 2,3% des femmes et 1,8% des hommes sur Conakry, chiffre qui tombe à 0,3% des femmes et 0,8% des hommes dans les familles les plus pauvres. On note cependant une amélioration du niveau d’instruction des générations anciennes aux plus récentes.

Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école. Au cours de l’EDS 2012, le taux net de fréquentation (TNF) scolaire pour le primaire est estimé à 49 %, ce qui signifie que moins de la moitié de la population de 6-11 ans fréquente l’école primaire. Ce taux est également nettement plus faible en milieu rural et significativement plus faible pour les filles que les garçons. La discrimination observée à l’égard des filles résulterait de la combinaison de plusieurs facteurs. En effet, certains ménages, pour des raisons d’éloignement de l’école, de coûts liés à la scolarisation (tenue, fournitures, nourriture) ou de besoin d’aide dans les travaux ménagers, préfèrent garder les filles à la maison. En outre, les abandons consécutifs aux grossesses non désirées et aux mariages précoces des filles sont des éléments explicatifs de cette situation. Le ratio de la population scolarisable en primaire sur la population scolarisée est de 30% à Kindia contre 56% à Conakry (année 2011/2012).

Il n’existe pas d’établissement préscolaire public sur l’ensemble du pays ; seulement 151°000 enfants sont scolarisés en maternelle dans le privé, et à Conakry et ses alentours seulement.

OBJECTIFS: Lutter contre la pauvreté et l'émigration. par la formation et l'insertion des jeunes.

 

Pour ce qui concerne les chiffres en 2015, sur la région de Kindia

la population scolarisable serait de 279 839 enfants et la population scolarisée de 167 122, privé et public confondu, soit 59,7%. Ceci représenterait une nette progression par rapport à 2012. La région disposerait de 4000 enseignants. Ce qui serait nettement insuffisant pour accueillir l’ensemble des enfants scolarisables, et ce qui détermine une moyenne de 42 élèves par classe parmi les enfants scolarisés. Le ratio du nombre d’élèves par salle de classe atteint des extrêmes à Conakry et dans certaines villes où il peut atteindre 100 élèves par classe. La conséquence est de favoriser et d’entretenir des taux de déperdition très élevés à tous les niveaux de la scolarité. Le taux de redoublement ne cesse de croître, accentué encore à cause de l’application de mesures rigoureuses aux examens.

« La problématique du secteur de l’éducation se pose d’une part en termes de poursuite de l’élargissement de l’offre d’éducation pour un meilleur accès et plus d’équité des enseignements, des produits du système d’éducation et de formation au regard des besoins du développement, d’autre part. Il s’agit de scolariser la majorité des enfants de la tranche d’âge 6-16 ans, d’alphabétiser 55 % de la population, de renforcer la qualité, l’efficacité et la pertinence des enseignements ». Ces objectifs, tels qu’énoncés dans « Guinée vision 2010 » qui constituait la plate-forme gouvernementale en matière de développement en 2000, restent d’actualité, malgré les progrès réalisés.

Le retard du système éducatif guinéen est important par rapport à la moyenne des pays africains : 1/3 des ressources publiques mobilisées sont perdues, dont 50% du fait d’un niveau trop élevé des redoublements (20% en moyenne sur le cycle primaire contre 7% en moyenne en Afrique anglophone) et 50% du fait du nombre d’enfants qui n’achèvent pas le primaire par abandon. Les enseignants guinéens se situent parmi les moins bien rémunérés du continent, par contre le taux moyen d’encadrement (nombre d’élèves par classe) de 44 élèves par classe est tout à fait correct en comparaison avec les autres pays africains.

La performance du système éducatif guinéen vis à vis de la disponibilité d’éléments tels que les manuels scolaires, les tableaux noirs et le mobilier scolaire de base est peu satisfaisante; en effet, à des dotations globales insuffisantes se conjugue une distribution inégalitaire entre les différentes écoles du pays. Mais le point sans doute le plus préoccupant dans la gestion du système éducatif guinéen concerne la dimension de la gestion pédagogique qui est l'une des plus faibles d'Afrique. En effet, les évaluations montrent que l’ampleur des différences dans le fonctionnement des établissements est particulièrement importante, que des établissements ayant des ressources par élève semblables peuvent avoir des résultats extrêmement différents en matière d’apprentissage de leurs élèves. Toutes ces indications sont des signes patents de défaillances majeures en matière de gestion de la transformation des ressources en résultats au niveau des écoles.

L’insuffisance de l’offre scolaire : 14,8 % des élèves de 1ère année sont scolarisés en 2003 dans une école qui ne leur offre pas la possibilité de poursuivre leurs études jusqu’à la fin du cycle, et en particulier cette défaillance dans la continuité éducative au niveau local, constitue une cause première de la faible rétention (fort taux d’abandon). De façon complémentaire, il est estimé que la faiblesse de la rétention est également due aux redoublements qui tendent à décourager la demande parentale, notamment celle des populations vulnérables.

 

Les objectifs du projet Unicef en cours (2013-2017) donne une idée claire des besoins actuels identifiés:

  • Mettre l’accent sur le début de l’école à l’âge requis (6 ans) et focaliser sur l’achèvement, particulièrement des filles.
  • Mettre systématiquement en œuvre des interventions et des innovations susceptibles d’opérationnaliser l’approche école amie des enfants et d’avoir un impact sur l’accès, le maintien, la réussite et l’achèvement ;

Construction d’infrastructures scolaires, de points d’eau et de latrines.

 

CONTEXTE SPECIFIQUE DU PROJET

 1. Le « FOYER SAINTE CECILE – Orphelinat »

Pendant que j’étais curé de la paroisse de Labé, j’ai ouvert un internat en 1999, avec une vingtaine d’enfants (filles et garçons) ; certains sont aujourd’hui dans la vie active. En 2004, il fut déplacé à Kindia, puis à Coyah en 2013, où il devient « Foyer Sainte Céline – Orphelinat » Aujourd’hui, il compte 6 filles et 5 garçons, orphelins ou d’une famille déshéritée. Ils sont tous à l’école, du primaire à l’Université. Les charges afférentes sont : l’alimentation, le logement, l’habillement, la scolarité et la santé, jusqu’à l’insertion sociale (l’obtention d’un emploi). Ceux qui ont passé par Labé sont habitués au maraichage. Ils seront heureux de retourner à Labé pour travailler dans le même jardin pendant les vacances, de juin à octobre.

 

Les enfants (2016 – 2017) 


Etienne Mané, Jean Pierre Daniel Touré, Odile Coumbassa, Delphine Camara
Firmin Coumbass, Marcel Sakovogui, Martine Mané, Appolinaire Koïvogui

 

  
Sainte Cécile - L'heure du repas

 

Pourquoi un jardin clôturé ?

Labé est une ville où cohabitent agriculteurs et éleveurs. Or les animaux (bovins, caprins et ovins) sont en divagation. La clôture sert tout simplement à protéger les cultures et les plantes ; sinon, toute entreprise est vouée à l’échec.

  
Le jardin potager de 4200m2, en chantier

 

 

 2- « BLAISE DECOR » Atelier de réinsertion socioprofessionnel des jeunes

Calligraphie – Sérigraphie – Dessins, à Mamou.

Il a été créé par le responsable, Blaise Pascal TOLNO, en 2004. Il forme des jeunes déscolarisés et d’autres encore à l’école ; ces derniers vont à l’atelier dans l’après-midi, lorsqu’ils étaient à l’école le matin. Cette année, ils sont au nombre de 8. La Commune urbaine lui a donné une salle dans le sous-sol de la Maison des Jeunes, qui lui sert d’atelier (voir photo), moyennant des frais de location modestes. En fin de formation, les apprentis reçoivent une « Attestation »

En 2015, je l’ai nommé président de la jeunesse catholique de la paroisse Immaculée conception de Mamou dont je suis le curé, vu ses actions dans la formation et la réinsertion des jeunes.

Les besoins (cf. Annexe 1):

  • Machine de tampon en caoutchouc
  • Machine de transfère t-shirt
  • Table de sérigraphie t-shirt, avec accessoires
  • 1 PC
  • 1 imprimante A3 couleur
  • 2 échelles en aluminium

 

Liste des apprentis

  1. Mamadou Diawo Baldé
  2. Elhadj Ibrahima Sow
  3. Saïkou Amadou Yafa
  4. Robert Camara
  5. David Bangoura
  6. Pierre Togba Tolno
  7. Alpha Oumar Sama Camara
  8. Tondo Bangoura


   
Les ateliers au sous-sol de la maison des jeunes.

 

3. Salon Esthétique « Welcom to PAPI Coiffure »

Le responsable est Oyé Paul GUILAVOGUI (fidèle catholique de la paroisse Immaculée Conception de Mamou). Il a créé le premier Salon en 2010 ; motivé par la demande en formation, il a ouvert un deuxième Salon en 2013. Les locaux sont des « petits conteneurs exigus », où il fait très chaud pendant la journée. Entre ces années, il a formé 76 jeunes ; certains ont fait l’aventure en Europe. Cette année, il reste 12 jeunes (11 élèves et un déscolarisé). Les élèves vont les après-midi au Salon pour leur formation qui dure 3 ans. La formation est gratuite. Le responsable, à la fin de la journée, donne 1 repas et les frais de taxi aux élèves. En fin de formation, les élèves reçoivent un « Certificat »

Etant diplômé pour la coiffure mixte, il souhaite ouvrir un salon pour former aussi les jeunes filles déscolarisées.

Les besoins :

  • 1 Salon spacieux, en location, capable de recevoir 10 apprentis.
  • 1 Salon, en location, pour les apprentis filles.
  • Un Groupe électrogène (la Guinée connaît un déficit en électricité)
  • Des produits cosmétiques
  • Des appareils « tondeuses »

 

Liste des élèves en formation (2017)

  1. Georges Nely Béavogui
  2. Samuel Pivi
  3. Ansoumane Bangoura
  4. Gerard Lamah
  5. Taky Guilavogui
  6. Hassane Soumah
  7. Joachim Sonomou
  8. Fodé Camara
  9. Oyé Koïvogui
  10. Ibrahima Diallo (déscolarisé)
  11. Harouna Kouthiapo
  12. Ibrahima Baldé

 
Oyé Paul Guilavogui, dit "Papus", responsable formateur

  
Les élèves au travail.